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L’espace public, essentiel pour la santé mentale et le bien-être de nos communautés

Experts et élus locaux de Bruxelles, Buenos Aires, La Paz et Munich échangent leurs expériences sur l’importance de l’espace public pour la santé mentale et le bien-être dans les zones métropolitaines. Un webinaire coorganisé par CGLU (Cités et Gouvernements Locaux Unis), ONU-Habitat et le réseau Metropolis.

L’espace public est la pierre angulaire de nos collectivités. Et avec la pandémie de Covid-19, le lien entre le bien-être, la santé mentale et des espaces publics verts, inclusifs et sécuritaires est plus clair que jamais.

Le 7 avril 2021, un webinaire, coorganisé par l’organisation mondiale CGLU (Cités et Gouvernements Locaux Unis), ONU-Habitat et le réseau Metropolis, a réuni des experts et des élus locaux de Bruxelles, Buenos Aires, La Paz et Munich, afin de confronter leurs expériences concernant la valeur de l’espace public pour la santé mentale et le bien-être dans les zones métropolitaines.

 

L’espace public, essentiel pour la vie humaine et les interactions sociales

Aujourd’hui, la majorité de la population mondiale vit dans des zones métropolitaines. Avec des zones vertes et non polluées, des équipements sportifs gratuits, des espaces dédiés aux enfants et aux animaux domestiques, des piétonniers de shopping, l’espace public remplit une fonction essentielle de rencontres et d’interactions sociales.

En ce sens, l’espace public améliore la santé mentale et contribue au bien-être des communautés. Pourtant, cet élément clé de l’infrastructure de la ville est souvent négligé.

 

Des inégalités renforcées par la pandémie

La pandémie de Covid-19 a mis en lumière la fragilité de nos espaces urbains. Ainsi, le code postal est l’un des plus grands prédicteurs de l’espérance de vie. Il existe de fortes corrélations entre la classe sociale, la race, le sexe, le handicap, etc. et la santé.

Aujourd’hui, dans les zones métropolitaines, les collectivités vulnérables sont grandement touchées par la pandémie en raison d’un accès limité aux services, à des espaces verts et des logements de qualité. Et ces problèmes et inégalités ont été exacerbés par les confinements et les restrictions en termes de mobilité.

 

Santé mentale et espace public

Les problèmes de santé mentale sont en hausse. 800 millions de personnes en souffrent à l’échelle mondiale. Ce constat se vérifie particulièrement dans les villes, qui affichent des taux de dépression plus élevés.

Dans les zones métropolitaines, l’accès à des espaces verts de qualité, des espaces publics riches en interactions sociales, est essentiel pour prévenir les maladies mentales et assurer le développement cognitif des enfants.

Les solutions les plus efficaces sont souvent peu coûteuses et pratiques, comme l’augmentation de l’activité physique par la marche et le vélo, ou le renforcement de la cohésion sociale par des initiatives de participation citoyenne.

 

Transformer les villes, une démarche locale

Si tout ne peut être résolu au niveau local, la pandémie a également mis en lumière le rôle-clé joué par les gouvernements locaux et métropolitains dans la transformation de l’environnement bâti.

Les gouvernements locaux doivent redonner de l’espace à la population. Des régions urbaines comme la Région de Bruxelles-Capitale (RBC), autrefois orientées vers la voiture, transforment leurs zones urbaines. Elles redonnent de l’espace à la population et lui offrent un meilleur accès à des espaces publics et verts à distance de marche, ainsi qu’à des lieux de rencontre, de sortie, avec une bonne qualité de l’air.

« Depuis une dizaine d’années, la RBC a enclenché une transformation de l’espace public afin de rendre celui-ci à ses habitants, principalement en réduisant l’espace dévolu aux voitures au profit des piétons, des cyclistes, des individus, » explique Pascal Smet, Secrétaire d’État bruxellois chargé de l’Urbanisme et du Patrimoine, des Relations européennes et internationales, du Commerce extérieur, de la Lutte contre l’Incendie et l’Aide médicale urgente, et Vice-Président de Metropolis. « La crise de la Covid-19 a vu une multiplication importante d’initiatives dans les villes, à l’échelle mondiale. Elle nous a rappelé à tous le besoin d’interactions sociales de l’être humain, et c’est exactement la fonction de base d’une ville : être un lieu où les gens peuvent aisément se rencontrer. Tout comme le ‘living room’ est l’endroit le plus important de nos maisons, l’espace public est un lieu on l’on vit, où l’on aime se retrouver et réaliser diverses activités. »

La crise sanitaire nous a fait redécouvrir la valeur de l’espace public comme facteur-clé du bien-être. Nous devons continuer à repenser nos espaces urbains pour les rendre plus inclusifs, démocratiques, durables et sains.