Coopération au développement

La Région de Bruxelles-Capitale soutient les droits des enfants vulnérables à Kinshasa, via le développement de l’économie locale

Depuis 2013, Brussels International lance un appel à projets afin de lutter contre la pauvreté dans ses régions et villes partenaires au Sud. La Région de Bruxelles-Capitale (RBC) contribue ainsi à la mise en œuvre de l’Agenda 2030 du développement durable des Nations Unies. Entamé en décembre 2020, le projet kinois LIMPOBA est l’un des huit projets sélectionnés dans le cadre de cet appel.

Le projet LIMPOBA – acronyme de « LISANGA MAKASI PONA BANA » qui signifie « des communautés fortes pour les enfants » en lingala – multiplie les initiatives communautaires durables et inclusives, telles que des associations d’épargne et de crédits, pour soutenir le tissu économique local et ainsi améliorer la prise en charge familiale des enfants vulnérables de Kimbanseke, à Kinshasa (République démocratique du Congo).

Ce projet, conçu pour une période de deux ans, dispose d’un budget total de 210.000 €, cofinancé entre autres à hauteur de 117.000 € par la Région bruxelloise et de 60.000 € par la Ville de Bruxelles. Il implique plusieurs partenaires : SOS Villages d’Enfants Belgique, la Ville de Bruxelles (via son asbl BRISSI), SOS Villages d’Enfants RDC, la Commune de Kimbanseke et l’UACDK (Union des Associations de Confessions religieuses pour le Développement de Kimbanseke).

 

Les enfants, particulièrement vulnérables

Deuxième pays le plus vaste du continent africain, la République démocratique du Congo (RDC) compte 85 millions d’habitants, dont 56% sont des enfants selon les chiffres de l’UNICEF. Après le renversement du Président Mobutu en 1997, le pays a connu de nombreuses périodes d’instabilité qui ont engendré une précarisation des conditions de vie, notamment pour les enfants et les jeunes. En raison des déplacements massifs de population, cette situation est encore plus visible au sein de la capitale, Kinshasa.

 

 

Le projet LIMPOBA

Le projet LIMPOBA est mis en place à Kimbanseke, la commune la plus peuplée de Kinshasa. En raison de la situation socio-économique des familles, les droits fondamentaux des enfants y sont très précaires.

SOS Villages d’Enfants souhaite combiner approches individuelle et communautaire, afin de permettre aux familles marginalisées de s’inscrire dans une logique de développement durable et inclusif tout en contribuant au respect et à la promotion des droits des enfants.

 

Un soutien individualisé des familles

L’objectif est de soutenir économiquement 200 familles vulnérables, afin qu’elles puissent couvrir les besoins essentiels de leurs enfants (environ 800 enfants).

Pour répondre aux vulnérabilités spécifiques, le projet LIMPOBA apportera aux familles bénéficiaires un soutien adapté et individualisé, dans le cadre d’un Plan de Développement de la Famille élaboré conjointement avec l’aide d’un travailleur social de SOS.

Ce Plan de Développement de la Famille s’articule autour de trois axes : le renforcement économique à travers la mise en place d’une activité génératrice de revenus, le renforcement des compétences parentales (notamment dans la gestion du budget et la priorisation des ressources dans l’intérêt des enfants) et la sensibilisation à la régularisation de l’État civil (et à l’enregistrement des enfants de moins de 18 ans, indispensable pour faire valoir leurs droits).

 

Une mutualisation communautaire des ressources

Par ailleurs, le projet LIMPOBA entend développer ou renforcer des structures communautaires, afin de mutualiser des ressources en vue d’assurer l’autonomisation et le renforcement des communautés, nécessaires pour un soutien efficace des familles.

Cette solidarité communautaire est développée grâce à deux modèles : les Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC) et les coopératives agricoles.

Les AVEC rassemblent 15 à 25 personnes, qui réunissent leurs économies dans un fonds commun pour pouvoir contracter de petits emprunts pour renforcer leur activité ou couvrir un besoin spécifique des enfants. Les coopératives agricoles, quant à elles, visent à mutualiser les moyens des membres des AVEC qui ont choisi une activité agricole, afin de mieux produire et vendre ensemble les produits de leur exploitation.

 

Une approche innovante

Généralement, les bailleurs de fonds différencient la protection des droits de l’enfant du développement économique. Cependant, la santé, la sécurité, l’éducation et les droits des enfants sont inextricablement liés aux possibilités d’une croissance économique inclusive et durable. Au travers de ce projet, Brussels International souhaite soutenir cette approche innovante qu’est la promotion des droits de l’enfant dans une logique de développement durable et inclusif.