Israël-Palestine : pour mieux comprendre

47 jeunes issus de quatre écoles bruxelloises aux profils socio-économiques variés se sont rendus en Israël et en Palestine du 9 au 16 février afin d’y découvrir par eux-mêmes les réalités de terrain. C’est en tout un groupe de 70 personnes qui a visité, rencontré, analysé et partagé à propos des différentes thématiques touchant au conflit israélo-palestinien.

Rencontre avec l’activiste Yonatan Shapira de l’organisation "Combattants for Peace" à Tel Aviv.

Échanges interculturels avec les jeunes lycéens de la communauté bédouine au centre Hura. Les jeunes ont travaillé en petits groupes mixtes belges et bédouins et ont échangé sur différentes questions liées à l’interculturalité en Israël et en Belgique en proposant des solutions.

Le chœur des femmes RANA à Jaffa.

Visite d’Hebron.

Visite du Yad Vashem.

Le public lors du concours d’éloquence ou « joutes verbales » au Centre Notre-Dame de Jérusalem. Au premier plan, la Consule de Belgique Danielle Haven.

Le groupe sur l’esplanade des Mosquées.

 

Le projet « Israël-Palestine : pour mieux comprendre » a été développé par l’asbl Actions in the Mediterranean (AIM). Imaginé par la Députée régionale bruxelloise et Sénatrice Simone Susskind, il vise à réduire la haine et les positions radicales que le conflit entre Israël et la Palestine véhicule à Bruxelles. Le projet consiste à lutter contre les stéréotypes et les amalgames liés à ce conflit. Il implique les jeunes en leur faisant jouer le rôle d’ambassadeurs de la coexistence à même d’apaiser les tensions entre communautés, notamment juives et arabo-musulmanes.

Articulé en plusieurs parties, dont un voyage en Israël et Palestine, le projet en est à sa quatrième édition. Le voyage de ce mois de février a nécessité cinq mois de préparation à Bruxelles. Il a reçu le soutien du Ministre des Relations extérieures de la Région de Bruxelles-Capitale, Guy Vanhengel, ainsi que de Brussels International.

 

Combattants for peace

Arrivés à Tel Aviv le 9 février, les jeunes ont rencontré l’activiste Yonatan Shapira de l’organisation « Combattants for Peace ». Yonatan a plaidé pour le dialogue entre Israéliens et Palestiniens. Pour lui, il est important que chaque citoyen dans le monde, les jeunes belges inclus, prenne conscience qu’il a les moyens d’intervenir dans le conflit. Par exemple en refusant de soutenir la vente d’armes à Israël ou en se positionnant comme pro-paix plutôt que pro-palestinien ou pro-israélien.

Le lendemain, le groupe avait rendez-vous dans le Néguev avec des activistes bédouins, citoyens israéliens qui ont expliqué aux jeunes leurs difficultés économiques et leur situation périlleuse entre destructions et expulsions. Les jeunes belges ont ensuite dialogué avec de jeunes bédouins au sujet de différentes thématiques telles que l’interculturalité, l’éducation ou encore le vivre-ensemble.

 

Petit groupe de jeunes des quatre écoles lors de la rencontre d’activistes du Néguev luttant pour la reconnaissance des villages bédouins.

 

En soirée, ils ont assisté à un incroyable concert d’un chœur de femmes musulmanes, juives et chrétiennes à Jaffa, suivi d’un échange entre les choristes et les jeunes sur les liens entre la politique et l’art et les manières de créer des ponts.

 

Joutes verbales

Le 11 février, retour à Tel-Aviv pour la visite de la ville et des joutes verbales avec des équipes mixtes composées de jeunes belges et israéliens du lycée israélien Gymnasia Hertzlya.

Le 12 février était placé sous la thématique de l’occupation. Séparés en deux groupes, les jeunes ont, pour les uns, visité Jérusalem Est, sous l’angle de la colonisation et de la difficile cohabitation. Les autres se sont rendus à Hébron pour y constater la situation extrême de l’occupation. Les deux groupes se sont ensuite retrouvés afin de partager ce que chacun avait vécu de son côté.

Dans la foulée, s’est tenue une émouvante rencontre avec Bassam et Rami, deux pères, l’un israélien, l’autre palestinien. Tous deux ont perdu leur fille dans le conflit et plaident pour la fin de l’occupation, le dialogue et le combat pour la paix via la rencontre et le dialogue.

Le lendemain a été consacré à la difficile thématique des réfugiés. Les jeunes ont visité le camp d’Aida et rencontré des jeunes lycéens de l’école UNRWA. Ils ont également découvert l’association NOOR qui s’occupe d’enfants ayant des handicaps physiques et mentaux.

 

Visite du Mémorial du Yad Vashem

Le 14 février, place à Jérusalem. Des échanges avec deux écoles figuraient au programme : une école mixte et bilingue arabe – hébreu, d’une part, l’école palestinienne de la haute bourgeoisie de Jérusalem Est, d’autre part. L’incontournable et bouleversante visite du Mémorial du Yad Vashem a constitué un autre temps fort de cette journée.

Le dernier jour fut consacré à la grande finale du cycle de joutes verbales. Les délégations de jeunes israéliens et palestiniens rencontrées plus tôt dans la semaine ont été invitées à se mesurer à nos jeunes belges. L’événement s’est déroulé en partenariat avec le Consulat général de Belgique à Jérusalem. Le jury était notamment composé de Françoise Tulkens, ancienne juge à la Cour européenne des droits de l’homme.

À n’en pas douter, ce voyage a constitué une expérience inoubliable, transformatrice et bouleversante pour ces jeunes bruxellois ! Elle se prolongera du reste à Bruxelles puisqu’ils seront appelés à jouer à l’avenir le rôle des « Ambassadeurs de Nuances ». On les verra ainsi aller témoigner dans d’autres écoles, à l’appui d’un film réalisé sur place, de leurs rencontres en Israël et Palestine. Une belle occasion de débattre avec d’autres jeunes !