Choléra: des vies sauvées au Katanga

L’accueil à l’école Saint-Philippe. Copyright UNICEF Belgique – Isabelle Wolff

Le cours sur l’eau à l’école Saint-Philippe. Copyright UNICEF Belgique – Isabelle Wolff

L’affiche pour les écoles assainies. Copyright UNICEF Belgique – Isabelle Wolff

En un peu plus de deux ans, 31 écoles du Katanga ont pu être assainies contre le choléra et 30 autres sont en cours de l’être, grâce au soutien de la Région de Bruxelles-Capitale (RBC). L’objectif est d’améliorer, en 3 ans, les conditions d’hygiène de 18.000 élèves de la banlieue de Lubumbashi, la capitale du Katanga.

De retour d’un séjour sur le terrain, au Katanga, Isabelle Wolff, responsable des programmes chez UNICEF Belgique, témoigne des progrès du projet de lutte contre le choléra soutenu par la RBC, dans le cadre de son accord de partenariat avec la province du Sud de la République démocratique du Congo (RDC) : “Dès le premier jour, on me prévient qu’une épidémie de choléra fait rage. Un collègue d’UNICEF RDC me sensibilise aux indispensables règles d’hygiène: “Le choléra est très contagieux. Lave-toi bien les mains et ne boit que de l’eau purifiée. Au moindre symptôme, préviens-nous, c’est important de réagir vite.” Me voilà avertie! Informer et éduquer les enfants aux bonnes pratiques d’hygiène, là où le choléra sévit: c’est exactement le but de l’appui de la RBC.

05-2013-PA-1.5Moins d’une personne sur deux boit de l’eau potable
“Ces consignes paraissent simples. Mais comment les enfants d’ici pourraient-ils les mettre en pratique? Les familles vivent avec peu. Moins d’une personne sur deux boit de l’eau potable et seule une sur dix utilise des toilettes. C’est bien ça qui doit changer. Installer des toilettes, des lave-mains, des pompes à eau et, en parallèle, enseigner les pratiques-clés pour une bonne hygiène. Pour réaliser ces actions, les villageois et les écoles sont soutenus par les autorités et l’UNICEF. C’est le programme “Villages et Ecoles Assainis” dans lequel la RBC a investi 640.000 euros.”
“Nous partons visiter l’école primaire de Saint-Philippe. L’accueil est solennel et festif. Les enfants sont dans la cour et chantent pour nous souhaiter la bienvenue. Ils enchaînent en répétant des slogans lancés par un élève, le brigadier général de l’hygiène: “École assainie, école propre, école assainie, zéro microbes.” L’école est en pleine transformation. Le directeur a demandé à rejoindre le programme et, depuis, les professeurs ont été formés. Des élèves ont été élus par les autres pour former la brigade hygiène de l’école.”

Comment rendre l’eau propre?
“J’assiste à un cours de 4e primaire sur l’eau sale. Le professeur pose des questions aux élèves, les fait réfléchir. Les slogans de la cour trouvent une explication. Fascinant de voir comme cette leçon est concrète: les enfants apprennent pourquoi l’eau est sale, les maladies qu’ils risquent de contracter et comment rendre l’eau propre sans devoir en acheter. “Il faut donc la bouillir” répète le professeur à l’aide d’une démonstration pratique. Toutes les classes ont reçu des manuels et travaillent sur le thème de la santé et de l’hygiène une fois par semaine avec leur professeur. Dès que la construction des latrines et des lave-mains sera achevée, et la pompe à eau installée sur le forage, cette école sera certifiée assainie. Bien entendu, maintenir les toilettes propres et fonctionnelles, ainsi que les bonnes habitudes d’hygiène, restera un défi quotidien pour les élèves et les professeurs.”
“Je quitte confiante l’école Saint-Philippe. Le projet avance bien. En soirée, Mamadou Mouctar Baldé, responsable pour le programme chez UNICEF RDC, me confirme l’utilité de ce travail: “Très peu de cas de choléra proviennent des zones où se situent des écoles ou des villages assainis. La population y est sensibilisée et fait ce qu’il faut pour prévenir la maladie. La corrélation est évidente, c’est une réelle protection.””
L’UNICEF, la RBC et les partenaires ne s’arrêteront certainement pas en si bon chemin. Tout enfant mérite d’apprendre comment éviter les maladies.

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